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La transformation du modèle économique des grands ports maritimes

Source bibliographique : 
Paris : Conseil général de l'environnement et du développement durable, nov. 2018.- 86 p., ann.
Résumé : 

« Portes d’entrée » maritimes de la France, bassins industriels et plateformes logistiques de premier ordre, les grands ports maritimes (GPM) créent une richesse et des emplois dépassant l’enceinte de la place portuaire et produisent une valeur ajoutée estimée de 13 Md€ associée à 130 000 emplois directs. Ils représentent la majeure partie de l’actif national stratégique que constitue le système portuaire maritime et fluvial français, tant aux niveaux économique, logistique et industriel que pour la souveraineté nationale. La réforme de 2008 a transféré la manutention verticale des ports vers le secteur privé, afin de recentrer les GPM vers un modèle de « port aménageur ». Les objectifs de cette réforme faite à un coût social et financier élevé, ont été en grande partie atteints : les GPM ont amélioré leurs parts de marché dans les conteneurs. Toutefois, des marges d’amélioration importantes subsistent : plus de 40 % des conteneurs à destination de la France métropolitaine transitent toujours par d’autres ports européens, principalement belges (Anvers) et néerlandais (Rotterdam). Les coûts de passage portuaire sont plus élevés que ceux des principaux ports concurrents quant aux services portuaires (remorquage, pilotage, manutention) concentrant de l’ordre de 90 % du coût de passage portuaire et les droits de port perçus par les GPM (10 % du coût de passage portuaire). La fluidité est perfectible, du fait d’une grande difficulté à desservir l’hinterland par les modes massifiés (fer, fleuve), ce qui explique la prédominance du transport routier et d’une coopération insuffisante des acteurs du système portuaire dans le déploiement des services numériques intégrés de logistique portuaire par rapport aux ports concurrents. L’ image de fiabilité est encore incertaine, en raison de l’effet de rémanence des grèves qui ont accompagné la mise en œuvre de la réforme de 2008 et, dans certains ports, des grèves de 2016 contre le projet de loi de réforme du droit du travail. Le modèle économique des GPM est handicapé par ces freins à la compétitivité, dans un contexte de vive concurrence européenne à laquelle s’ajoutent les concurrences ponctuelles avec les ports décentralisés. Ce modèle est confronté à plusieurs transformations majeures: des activités ; économique ; énergétique; environnementale ; numérique ; fiscale. Les risques ainsi que les opportunités liés à ces transformations rendent indispensable la refondation du modèle économique actuel de « port aménageur ». L’établissement public portuaire français n’apparaît pas assez intégré avec les autres acteurs économiques et les collectivités territoriales. Il dispose de marges de progrès pour encore davantage se positionner comme acteur central de la compétitivité et de la promotion commerciale de la place portuaire dans son ensemble. La répartition des recettes des GPM, entre droits de ports et produits domaniaux, doit en outre être rééquilibrée en faveur de ces derniers. La mission préconise de se rapprocher du modèle de « port entrepreneur » des ports d’Anvers et de Rotterdam, dans lequel les autorités portuaires s’engagent en tant que maîtres d’ouvrage dans la production d’espaces à vocation logistique, industrielle ou urbaine (financement et prise en charge opérationnelle des projets), dont elles assurent ensuite la gestion et la commercialisation foncière. Un tel modèle vise à accroître la création de valeur ajoutée par la place portuaire, sous l’impulsion de l’autorité portuaire elle-même. L’État doit engager les GPM à refonder leur modèle économique sur cette base. La mission préconise quatre orientations structurantes: Construire une stratégie nationale portuaire partagée entre l’État, les Régions, les métropoles, les acteurs économiques et les partenaires sociaux ; renforcer le rôle des ports comme pilotes et animateurs de leurs places portuaires, avec l’objectif d’accroître leur valeur ajoutée dans l’économie, de renforcer leur compétitivité, et d’orienter leur transformation écologique et numérique ; favoriser la compétitivité portuaire, en particulier via une régulation adéquate des services portuaires ; donner aux ports les moyens de conduire la transition de leur modèle économique. La mission préconise ainsi une refonte d’ensemble du système portuaire français, afin de renforcer ses impacts économiques.

Lieu : 
N° d’affaire : 
012059-P